Inauguration de l'espace VICTOR CATALÀ - CINCLAUS

Inauguration de l'espace VICTOR CATALÀ - CINCLAUS

29 juin 2019

INAUGURATION DE L’ESPACE VÍCTOR CATALÀ–CINCLAUS

Samedi 29 juin, le second espace dédié à Víctor Català était inauguré. La chapelle de Santa Reparada, ancienne propriété de l’écrivain acquise par la mairie de l’Escala, abrite ce nouvel espace. Y sont exposées des photos de l’auteure et son lien avec le monde rural, notamment avec le hameau de Cinclaus, où elle détenait des propriétés. D’ailleurs, la chapelle fut la cible de fouilles menées par l’écrivain.

Le lien qui unissait Caterina Albert (Víctor Català) et le hameau de Cinclaus émane d’un ancêtre de la famille Albert, Martí Paradís i Oller, qui se consacrait au commerce avec l’Amérique. Lorsque ce dernier s’enrichit, il acheta ces mas et terres de la commune de Cinclaus.

En 1850, Martí Paradís i Oller, le grand-père maternel de Caterina Albert, acheta le mas Peraquintana i Albornar. En 1877, Caterina Farrés i Sureda, la grand-mère maternelle de l’écrivain, acheta le mas Concas. Dix ans plus tard, elle acheta également les propriétés du mas Sastre, qui comprenaient un grenier à foin ainsi que la chapelle de Santa Reparada, jusqu’à ce qu’en 1897, le domaine du mas Sastre soit divisé, Caterina Farrés conservant le grenier, la chapelle, une partie des terres et ouvrant au culte la chapelle de Santa Reparada.

Caterina Albert (Víctor Català) a été un personnage à plusieurs facettes. En effet, outre l’écriture, elle s’adonnait au dessin et à la peinture, et était passionnée d’archéologie et d’ethnologie. En 1908, les fouilles commencèrent officiellement dans les ruines d’Empúries, ce qui influença certainement Caterina Albert débutant, à son tour, les fouilles au hameau de Cinclaus, et plus particulièrement à la chapelle de Santa Reparada. Sous le linteau, des restes d’une mosaïque d’époque romaine auraient été découverts, parmi d’autres vestiges archéologiques localisés et soigneusement inventoriés, suivant la méthodologie propre à ce type de travail de terrain. Elle réunit ainsi une grande collection, laquelle fut malheureusement confisquée pendant la guerre civile, entre 1936 et 1939.

Caterina Albert (Víctor Català) entretenait un lien très fort avec le hameau de Cinclaus, à travers sa mère Dolors Paradís i Farrés. En 1917, elle fit restaurer la chapelle et organisa la fête votive de Santa Reparada, se tenant le troisième dimanche de septembre.

Ce lien entre Caterina Albert et le hameau de Cinclaus était si étroit qu’on lui attribue les cantiques de Santa Reparada. Le rassemblement religieux a, à l’évidence, marqué l’écrivain. D’ailleurs, elle écrivit le roman Solitude lorsque celui-ci fut davantage fréquenté par les autochtones.

Le lien qui unissait la famille Albert et le hameau de Cinclaus a été fondamental pour le faire connaître et le revendiquer. Lluís Albert explique comment, la veille de la fête de Santa Reparada, dans l’immense entrée de la maison paternelle, Amelia, la sœur de Caterina Albert, préparait de belles guirlandes de fleurs pour décorer le linteau à vousseaux de la porte principale, l’autel baroque et la petite nef. Le lendemain, tous se rendaient à Cinclaus en carriole. Après l’office, le repas de fête réunissait les parents, les amis et les invités dans la salle à manger du mas Concas.

Dans l’après-midi, devant la chapelle, on dansait la sardane. En 1922, Caterina Albert, désireuse de faire revivre la culture populaire, y organisa une danse populaire catalane, le contrapàs llarg de l’Empordà. La même année, aux côtés de son frère Francesc, elle mena des fouilles dans le sous-sol de la chapelle, découvrant une mosaïque, des inhumations et des fragments de céramique, du IIe et du Ier siècle av. J.-C.

En 1997, la mairie de l’Escala fit l’acquisition de la chapelle et la Generalitat de Catalunya procéda à sa restauration. En 2003, lors de fouilles menées par les archéologues d’Empúries, les restes romains de la mosaïque trouvée par Caterina Albert, furent mis en lumière.

Aujourd’hui, la chapelle de Santa Reparada fait partie des espaces Víctor Català, avec l’espace Víctor Català-Alfolí de la Sal, dans le centre de l’Escala, et le futur espace Víctor Català-Clos del Pastor, qui retracera le parcours de Caterina Albert (Víctor Català) en tant qu’écrivain et peintre.